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Synaxaire de l'Annonciation de Notre Très Sainte Souveraine et toujours Vierge Marie

- 25 mars -

Synaxaires -> Synaxaires des grandes fêtes
Icônes de la Vierge Marie -> Icône de l'Annonciation

En ce jour qui suit de peu l'équinoxe de printemps, alors que l'obscurité de la nuit, ayant atteint le terme de son extension, commence à céder la place à la lumière, l'Eglise célèbre la conception de Notre Seigneur Jésus-Christ et la descente, en ce monde obscurci par les ténèbres, du Soleil de Justice, qui a retourné le mouvement du temps et de l'histoire et, d'une descente vers la mort, en a fait une remontée vers le printemps définitif de l'éternité.

AnnonciationRacine et principe de toutes les autres fêtes du Seigneur, par lesquelles nous commémorons chaque année notre Rédemption, cette fête de l'Annonciation doit toujours être rigoureusement célébrée à la même date, car, selon une ancienne tradition, c'est au mois de mars que le monde fut créé par Dieu et c'est le 25 mars précisément qu'Adam, trompé par la promesse du serpent et voulant se faire dieu, transgressa le commandement divin et fut exilé du Paradis [1]. Il convenait donc que la guérison de notre nature s'accomplisse, telle une seconde création, par les mêmes moyens et en ces mêmes jours qui ont été ceux de notre chute. Et, de même que le genre humain avait été assujetti à la mort par la désobéissance d'Eve, au printemps du monde, il convenait qu'il en fût délivré au mois de mars par l'obéissance de la Vierge. Développant magnifiquement cette doctrine des correspondances dans l'Economie de la Rédemption, Saint Irénée de Lyon écrit à ce propos : « De même que celle-là (Eve) avait été séduite par le discours d'un ange, de manière à se soustraire à Dieu en transgressant sa parole, de même celle-ci (Marie) fût instruite de la bonne-nouvelle par le discours d'un Ange, de manière à porter Dieu en obéissant à sa parole ; et, de même que celle-là avait été séduite de manière à désobéir à Dieu, de même celle-ci se laissa persuader d'obéir à Dieu, afin que de la vierge Eve, la Vierge Marie devienne l'avocate : et, de même que le genre humain avait été assujetti à la mort par une vierge, il en fut libéré par une vierge, la désobéissance d'une vierge ayant été contrebalancée par l'obéissance d'une vierge » [2].

AnnonciationAprès notre chute, Dieu, prenant patience dans Sa miséricorde infinie, avait peu à peu préparé l'humanité, de génération en génération, par des événements heureux et malheureux, à la réalisation du Grand Mystère qu'Il tenait caché avant tous les siècles dans son Conseil trinitaire : l'Incarnation du Verbe. Alors qu'Il savait, bien à l'avance, qu'elle allait être la faute de l'homme et ses tragiques conséquences, c'est en ayant en vue le terme de ce mystère qu'Il avait pourtant créé la nature humaine, afin de s'y préparer une Mère [3] qui, par la beauté de son âme immaculée, relevée de l'ornement de toutes les vertus, attira sur elle les regards du Tout-Puissant et devint la chambre nuptiale du Verbe, le réceptacle de Celui qui contient tout, le Palais du Roi du Ciel et le terme du dessein divin.

Six mois après la conception miraculeuse de celui qui devait être en toutes choses le Précurseur du Sauveur (Luc 1:17), Gabriel, l'Ange de la miséricorde (cf. 8 novembre), fut envoyé par le Seigneur à Nazareth en Galilée, auprès de la Vierge Marie qui, au sortir du Temple, avait été fiancée au juste et chaste Joseph, pour qu'il soit le gardien de sa virginité [4]. Surgissant soudain dans la maison sous une apparence humaine, un bâton à la main, l'Ange salua celle qui devait devenir la consolation des larmes d'Eve [5] en disant : « Réjouis-Toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec Toi! » (Luc 1:8). Devant cette étrange apparition la Vierge laissa tomber son fuseau [6] et, toute troublée par ces paroles de l'incorporel, elle se demandait si cette annonce de joie n'était pas, comme pour Eve, une nouvelle tromperie de celui qui sait se transformer en ange de lumière (cf. II Cor. 11, 14). Mais l'Ange La rassura et Lui dit : « Sois sans crainte, Marie, car Tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Ne T'étonne pas de mon étrange aspect et de ces paroles de joie, alors que, trompée jadis par le serpent, ta nature a été condamnée à la douleur et aux gémissements, car moi, c'est la vraie joie que je suis venu T'annoncer et la délivrance de la malédiction de la première mère (cf. Genèse 3:16). Voici que Tu concevras et enfanteras un fils, en accomplissement de la prédiction du Prophète Isaïe qui disait : "Voici que la vierge concevra et enfantera un fils!" Et Tu l'appelleras du nom de Jésus, ce qui signifie Sauveur. Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. »

A ces paroles inouïes, la Vierge s'exclama : « Comment cela serait-il possible, puisque je ne connais point d'homme? » Elle ne mettait pas en doute la parole divine par manque de foi, comme Zacharie qui avait été pour cela puni de mutisme (Luc 1:20), mais elle se demandait comment ce mystère pourrait bien se réaliser en elle, sans l'union nuptiale, devenue la loi de la reproduction du genre humain soumis à la corruption. Comprenant ses doutes, l'Ange ne la blâma pas, mais il lui expliqua le mode nouveau de cette naissance : « L'Esprit Saint viendra sur Toi, qui a été comblée de grâce en préparation de Sa venue, et la puissance du Très-Haut Te couvrira de Son ombre. » Puis, rappelant qu'Elisabeth, celle qu'on appelait "la stérile", venait de concevoir un fils dans sa vieillesse, il lui montra ainsi que là où Dieu le veut l'ordre de la nature est vaincu [7], et il lui confirma que par Sa venue en elle le Saint-Esprit allait accomplir un miracle plus grand encore que la création du monde et, qu'abaissant les cieux, le Roi de l'univers, Celui qui contient tout, allait s'anéantir lui-même (Philippiens 2:7) par une ineffable condescendance, afin de demeurer en son sein, de s'y mêler en une union sans confusion à la nature humaine, et de se revêtir de sa chair, teinte en son sang virginal, comme une pourpre royale.

Inclinant alors humblement son regard à terre et adhérant de toute sa volonté au dessein divin, la Vierge répondit : « Je suis la servante du Seigneur, qu'il m'advienne selon Ta parole! »

Par ces paroles elle acceptait, et avec elle la nature humaine tout entière, la venue en elle de la puissance divine transmise par les paroles de l'Ange. Et c'est à cet instant même que s'accomplit la conception du Sauveur. Le Fils de Dieu devient Fils de ]'Homme, une seule Personne en deux natures. Dieu se revêt de l'humanité et la Vierge devient en toute vérité Mère de Dieu (Théotokos), afin que, par cet échange des propriétés naturelles, les hommes, délivrés de l'enfer, puissent devenir fils de Dieu par la Grâce.

L'accomplissement de ce Mystère de l'Incarnation, caché même à la connaissance des Anges, ne fut donc pas seulement l'oeuvre du Père, dans Sa complaisance, du Fils qui descendit des cieux, et de l'Esprit qui recouvrit la Vierge de Son ombre, mais le Seigneur attendait que celle qu'il avait choisie entre toutes les femmes y prenne aussi une part active par son acquiescement libre et volontaire, de sorte que la Rédemption du genre humain fût l'oeuvre commune de la volonté de Dieu et de la foi de l'homme. Ce fut donc par une libre coopération (synergie) de l'humanité au dessein divin que s'est accompli ce Grand Mystère préparé depuis l'origine du monde, que Dieu devient homme pour que l'homme devienne dieu [8], et que la Vierge, Epouse inépousée, est devenue pour notre nature renouvelée la source et la cause de tous les biens.

Autrefois entrevue en figures par les Prophètes comme le Buisson non-consumé (Genèse 3:14), comme la Montagne non-entaillée (Daniel), comme la Porte scellée par laquelle Dieu seul devait passer (Ezéchiel 44:2), la Mère de Dieu est l'Echelle vivante (cf. Genèse 28:10- 17) par laquelle Dieu est descendu et qui permet aux hommes de monter au ciel. Elle a ouvert au genre humain un nouveau mode d'existence : la virginité, grâce à laquelle le corps de tout homme, à Sa suite, est appelé à devenir le temple de Dieu (cf. 1 Cor. 3:16 ; 6:19).

Et la création entière, soumise jadis à la corruption par la faute de l'homme, était elle aussi dans l'attente de ce "Oui!"' de la Vierge, qui annonçait le début de sa délivrance. C'est pourquoi le ciel et la terre réunis, forment aujourd'hui un coeur de fête avec les fils d'Adam, pour rendre gloire à Dieu en honorant la conception de Sa Mère inépousée.
 

NOTES :
 
[1] On rapporte également que c'est en ce mois que le peuple juif sortit d'Egypte et traversa la Mer Rouge à pied sec, que Notre Seigneur Jésus-Christ ressuscita des morts le 25 mars et que la résurrection générale et le Jugement dernier auront lieu aussi le même jour. Ce mois, qui était le premier de l'année chez les Juifs et qui évoque par son nom la perfection, récapitule donc tous les mystères de l'Economie divine, depuis la création jusqu'à la restauration de toutes choses.
 
[2] Contre les hérésies V, 19, 1 (SC 153, 255).
 
[3] C'est l'enseignement de Saint Nicolas Cabasilas dans son discours sur l'Annonciation. 8 (Patrologia Orientalis, 19).
 
[4] Cf. la notice du 21 novembre du calendrier orthodoxe.
 
[5] Cf. L'Hymne Acathiste, qui fut primitivement un hymne pour la Fête de l'Annonciation et qui est chanté solennellement le samedi de la Cinquième semaine du Carême. Dans la tradition grecque il est en outre chanté partiellement chaque soir des quatre premiers vendredis de Carême. Dans les Monastères on le récite tous les jours aux complies, et nombre de fidèles orthodoxes le connaissent par cur et aiment à le réciter plusieurs fois pendant la journée. car la salutation de l'Ange est devenue l'expression de la joie et de la gratitude de tous les Chrétiens envers la Mère de Dieu.
 
[6] D'après l'Evangile apocryphe de Saint Jacques elle avait été chargée par les Prêtres de filer la pourpre écarlate pour le voile du Temple. Ce détail a été conservé dans l'iconographie orthodoxe.
 
[7] S. Grégoire le Théologien. Sur tout ceci voir aussi la notice du 26 décembre du calendrier orthodoxe.
 
[8] Saint Irénée ; Saint Athanase.
 

[SOURCE: Le Synaxaire. Vie des Saints de l’Eglise orthodoxe - par le hiéromoine Macaire. Monastère de Simonos Pétra au Mont Athos]


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